Les Méthodes Agiles vues d’avion

Les méthodes Agiles font le buzz depuis 4-5 ans, ce qui n’empêche pas qu’on lise tout et n’importe quoi sur le sujet. On recadre en 5 minutes chrono.

Les méthodes Agiles sont nées d’un besoin très clair de certaines équipes de développement informatique dans les années 80 : arrêter de se faire taper dessus ! Trop cher, trop long, pas réactif, pas prévisible, plein de bugs, etc. L’informatique en entreprise dans toute sa splendeur.

De premières pratiques ont alors été expérimentées pour renverser la tendance. Leurs “inventeurs” étaient imprégnés de fonctionnement open source, ils ont donc assez naturellement partagé leur trouvailles, pour qu’elles soient améliorées. Et ça dure depuis plus de 30 ans.

Limitées pendant longtemps à un petit noyau de puristes start-upers, ces méthodes se sont fait une place dans les équipes informatiques de tous les secteurs, de la TPE au CAC40.

Mais de quoi parle-t-on ? Les méthodes Agiles regroupent aujourd’hui 5 caisses à outils principales qui se complètent.

  • Quelle stratégie pour concevoir un produit/service innovant à moindre effort ?
    On y teste l’adéquation entre un nouveau produit, un marché et business model, le tout dans un environnement très incertain, c’est Lean Startup.
  • Comment livrer rapidement un produit/service le plus utile possible ?
    On parle de gestion de projet en itérations priorisées en fonction de la valeur ajoutée attendue par le client, c’est Scrum.
  • Comment garantir le bon niveau de qualité de ce produit/service ?
    On y parle de tests automatisés pour garantir une qualité de service, c’est l’Extreme Programming.
  • Comment faire en sorte que ce produit/service s’insère sans douleur dans l’écosystème des clients ?
    On y prend en compte les contraintes des équipes d’exploitation des grands groupes qui intégreront le produit à leur système d’information, c’est DevOps.
  • Comment assurer la maintenance de ce produit une fois qu’il sera sur le marché ?
    On fait en sorte que les tickets de bugs et d’évolution soit traités le plus vite possible en fonction de leur valeur ajoutée, c’est Kanban.

Ces méthodes partagent le même ADN :

  • Une concentration permanente des efforts sur la plus forte valeur ajoutée possible perçue par le client.
    Exemple concret : on livre très vite les fonctionnalités les plus utiles, plutôt que de planifier tout pendant des semaines avant de commencer.
  • La substitution de la pression des pairs à la pression hiérarchique.
    Exemple concret : l’équipe de développement s’engage sur un périmètre à la semaine, et chaque membre de l’équipe choisit les tâches qu’il fera dans ce périmètre.
  • Des modes de communication interne et externe à moindre effort
    Exemple concret : les tâches sur lesquelles l’équipe s’est engagée pour la semaine en cours sont affichées sur le mur.
  • Un process d’amélioration continue
    Exemple concret : l’équipe se retrouve une fois par semaine pour décider en 30 minutes de 3 actions d’amélioration de l’organisation, à mettre en oeuvre pour la semaine suivante.

Où il est question de bonheur, en entreprise.

Après plusieurs années de silence c’est un plaisir de reprendre le clavier dans ce blog !

Plusieurs années que j’ai consacrées à apprendre, accompagner, expérimenter, enseigner sur tout ce qui tourne autour de l’efficacité en entreprise (les puristes parleront d’efficience) : depuis la gestion de projet, l’opérationnel, le bien-être des salariés, jusqu’à  la génération de prospects qualifiés ou encore la vente à moindre effort.

Après avoir disséqué entre autres le lean, les méthodes Agiles et le lean startup, la Semaine de 4h, les ‘entreprises libérées’ et la très discrète Théorie des Contraintes, j’en arrive à plusieurs constats très clairs :

  • le bonheur à tous les étages est le plus sûr garant d’une entreprise très performante, à la fois humainement et économiquement.
  • ce bonheur est une conséquence directe de toutes les pratiques les plus efficaces en entreprise, quand ce n’est pas carrément un objectif ouvertement assumé.
  • il n’existe aucune caisse à outil générique applicable clefs en main dans n’importe quel contexte, mais il existe des méthodes très solides pour construire sa propre caisse à outils.

Mais le bonheur de qui ? le bonheur de toutes les parties prenantes ! ça comprend les clients, les propriétaires de la boite, et les salariés, quel que soit leur niveau hiérarchique.

Pour fixer les idées :

  • un client heureux est un client conscient de la belle valeur ajoutée qu’il tire du service ou produit qu’il achète, et conscient qu’elle justifie nettement son prix.
  • un propriétaire heureux est un actionnaire dont la boite gagne (bien) plus d’argent qu’elle n’en dépense.
  • le bonheur du salarié se résume difficilement en 2 lignes, on y reviendra, mais ça n’empêche pas de s’y projeter assez facilement. On sent que ça parle d’épanouissement, d’autonomie, de responsabilité choisie, de confiance, de rémunération, etc.

Le bonheur de tous ? simultanément ? Quand je raconte ça je ne sais jamais trop sur quel public je vais tomber…
Un hermétique ? élevé un peu malgré lui à la hiérarchie et au ‘capitalisme du plus fort’, pour qui retrouver bonheur et entreprise dans la même phrase semble franchement saugrenu.

Un sceptique ? qui accepte volontiers le bonheur d’une catégorie, deux à la rigueur… “Mais les 3, honnêtement, faut pas rêver”

Un “oui-mais-pas-chez-moi”, rapidement persuadé que ça peut fonctionner, mais que son entreprise présente des spécificités telles que ce n’est même pas la peine d’essayer.

Ou encore l’enthousiaste, qui trépigne et veut savoir par où commencer.

Ou alors un pragmatique, qui se rend compte d’un côté de tout de qu’il aurait à y gagner, et d’un autre de la pile de remises en questions qu’il faudra écluser.

Et vous, vous seriez plutôt comment ?